L’Afrique en Scène : Roselynd Laubhouet, Youssou N’Dour 

et les talents africains font rayonner la création à Paris

Le 15 octobre 2026, le cœur du Marais parisien a vibré au rythme de la créativité africaine. À l’initiative de Roselynd Laubhouet, fondatrice de Nahyel Concept Store, « L’Afrique en Scène » a réuni entrepreneurs, créateurs, personnalités culturelles et acteurs économiques autour d’une ambition commune : donner à la mode et aux industries créatives africaines les moyens de rayonner à l’international. Parmi les personnalités présentes, Youssou N’Dour, Sountou Bousso et Jeny Bonsenge. Black Beautés Magazine revient sur cette première édition qui place le talent africain au cœur des enjeux économiques et culturels. 

Paris, nouvelle scène de la créativité africaine

C’est dans le quartier emblématique du Marais, au 18 rue de Turenne, que s’est ouverte, jeudi 15 octobre, la première édition de « L’Afrique en Scène », un événement imaginé par Roselynd Laubhouet, fondatrice de Nahyel Concept Store.

Jusqu’au 20 octobre, cette initiative met à l’honneur le savoir-faire et l’audace des créateurs africains, avec une sélection de plus de vingt marques issues de sept pays : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Ghana, le Kenya, le Togo et le Cameroun.

Mode, maroquinerie de luxe, accessoires, beauté et design contemporain composent ce rendez-vous qui dépasse largement le cadre d’un simple pop-up store. L’ambition est de faire découvrir au public parisien une nouvelle génération de maisons africaines, tout en leur ouvrant de véritables perspectives commerciales et internationales. Pour cette première édition, le Sénégal occupe une place centrale, affirmant son dynamisme dans les industries culturelles et créatives.

Roselynd Laubhouet, l’entrepreneure qui veut changer la dimension de la mode africaine

Derrière « L’Afrique en Scène » se trouve une femme dont le parcours illustre parfaitement la rencontre entre ambition économique et passion artistique. Roselynd Laubhouet, fondatrice de Nahyel, n’a pas commencé sa carrière dans la mode, mais dans la finance internationale.

Titulaire d’un MBA en finance obtenu à Washington, elle évolue d’abord dans de grandes institutions internationales avant de se lancer dans l’entrepreneuriat au Sénégal.


En 2013, elle crée Yelena, une agence de communication, puis développe Signare Conciergerie, un service de conciergerie privée. Mais sa passion pour l’art et l’esthétique remonte à l’enfance. Fille d’un architecte, elle grandit dans un environnement où les formes, les matières et la création occupent une place importante. En mai 2019, elle fonde Nahyel, une marque de maroquinerie haut de gamme qui célèbre l’excellence artisanale africaine à travers des créations contemporaines.

Sacs aux lignes architecturales, choix des matières et exigence des finitions : Nahyel revendique un luxe africain capable de rivaliser avec les standards internationaux.

Progressivement, Roselynd Laubhouet élargit son ambition. Elle ne souhaite plus seulement développer sa propre marque, mais également accompagner d’autres créateurs dans leur conquête des marchés.

Avec Nahyel Concept Store, implanté notamment à Dakar et à Abidjan, elle met en place une véritable plateforme commerciale destinée à promouvoir les talents africains.

Son approche repose sur une conviction forte : pour s’imposer durablement, les marques africaines doivent pouvoir conjuguer créativité, qualité de fabrication, maîtrise des circuits de distribution et stratégie commerciale.

Après plusieurs initiatives sur le continent, notamment au Kenya, elle franchit une nouvelle étape avec « L’Afrique en Scène » à Paris. Un projet qui illustre sa volonté de transformer le savoir-faire africain en entreprises solides, visibles et compétitives à l’international.


Youssou N’Dour et un panel au cœur des ambitions économiques africaines

La journée inaugurale du 15 octobre a été marquée par une table ronde consacrée à une question essentielle : « De la créativité au Soft Power : comment l’Afrique peut-elle transformer ses talents en marques fortes, durables et internationales ? »

Organisée avec le soutien de la Fondation Youssou Ndour pour les Industries Culturelles et Créatives, cette rencontre a notamment été marquée par la présence de Youssou N’Dour.


Icône mondiale de la musique sénégalaise, l’artiste incarne depuis plusieurs décennies le rayonnement de la culture africaine au-delà des frontières du continent. Mais son influence ne se limite pas à la scène musicale. À travers ses engagements dans les médias, l’entrepreneuriat et les industries culturelles, il participe également à la réflexion sur le développement économique de la création africaine. Son association à
« L’Afrique en Scène » prend ainsi tout son sens : comment transformer le succès artistique et l’influence culturelle en opportunités économiques durables ? 

Parmi les intervenants figurait également Sountou Bousso, Chief Executive Officer de Lagardère Travel Retail Africa. Sa participation apportait une dimension particulièrement intéressante aux enjeux abordés lors de cette rencontre : l’accès aux réseaux de distribution, la visibilité commerciale et les perspectives de développement international des marques africaines. Car pour les créateurs du continent, le défi ne consiste pas uniquement à concevoir des produits remarquables. Il s’agit aussi de parvenir à les commercialiser, à structurer leur croissance et à accéder à de nouveaux marchés. Autre personnalité présente parmi les intervenants : Jeny Bonsenge, plus connue sous le nom de Jeny BSG. Danseuse, chorégraphe, entrepreneure et créatrice de contenu d’origine congolaise, elle s’est fait connaître à l’international grâce à ses chorégraphies et à sa contribution à la popularisation des danses africaines. Fondatrice d’AfrohouseBelgium, elle incarne une génération de femmes qui utilisent leur créativité pour développer leur propre activité et faire rayonner la culture africaine. Sa présence au panel apportait un regard complémentaire sur la place de l’influence, de la visibilité numérique et de l’entrepreneuriat artistique dans le développement des industries créatives. La rencontre a ainsi permis de réunir plusieurs univers : celui de la musique, de l’entrepreneuriat, des réseaux de distribution, de l’influence et de la mode. Autant de secteurs dont la complémentarité apparaît essentielle pour accompagner l’essor des marques africaines.

Des créateurs qui réinventent le luxe et la mode africaine

Au-delà des échanges économiques, « L’Afrique en Scène » offre une vitrine à des maisons qui participent au renouvellement de l’image de la création africaine. Loin d’une vision uniforme de la mode du continent, les marques sélectionnées revendiquent chacune leur identité, leurs inspirations et leur savoir-faire. Parmi les univers représentés, Nahyel occupe naturellement une place particulière. La maison fondée par Roselynd Laubhouet défend une maroquinerie contemporaine qui associe design, artisanat et exigence de qualité. Les pièces traduisent une conception du luxe africain dans laquelle le savoir-faire local devient une véritable signature. 

Autre maison à découvrir, Sayana , une marque sénégalaise qui repose sur une belle histoire de transmission familiale. Portée par Denise Mané et sa mère, elle associe une trentaine d’années de maîtrise technique artisanale à une approche plus contemporaine du développement commercial et de la communication digitale. Cette collaboration entre deux générations illustre l’importance de la transmission des savoir-faire dans l’évolution de la mode africaine. L’événement met également en lumière Néné Yaya, dans l’univers des accessoires, ainsi que plusieurs signatures de prêt-à-porter et de création contemporaine, parmi lesquelles By Pathé, Heritage Couture, House of Elegance, Nawel Style, Fanelka et O Fil du Rêve. 
D’autres maisons, notamment Imaara, Al Gueye, Diongoma, Neroli et Ngoné, participent à cette diversité créative.
Des univers différents, mais une même ambition : faire reconnaître la qualité, l’originalité et la valeur des créations africaines sur la scène internationale.

Bien plus qu’un événement de mode : une ambition pour l’avenir

Au programme de cette première édition figurent des rencontres avec les créateurs, des échanges autour des industries culturelles et créatives, ainsi que des visites professionnelles destinées à favoriser les connexions entre les acteurs du secteur.

Autre temps fort annoncé, le 17 octobre : une sélection de créations africaines doit être présentée dans le cadre du concert de Youssou N’Dour à l’Accor Arena de Paris. Une rencontre entre la mode et la musique qui illustre la capacité des disciplines artistiques africaines à se renforcer mutuellement. Les 19 et 20 octobre seront quant à eux consacrés à des rencontres professionnelles et à des visites d’ateliers et d’instituts de mode. Cette programmation reflète une volonté : ne plus limiter les initiatives consacrées à la création africaine à leur seule dimension événementielle, mais contribuer à construire des perspectives économiques concrètes.

Avec « L’Afrique en Scène », Roselynd Laubhouet porte une vision ambitieuse de l’entrepreneuriat africain. Une vision dans laquelle les talents du continent ne sont plus seulement célébrés pour leur créativité, mais également accompagnés dans leur développement économique et leur expansion internationale.

Pour Black Beautés Magazine, cette initiative met en lumière une évolution majeure : la mode africaine ne cherche plus seulement à se faire admirer. Elle entend désormais s’affirmer comme une force économique, culturelle et entrepreneuriale à part entière.

Et si l’avenir du luxe international s’écrivait aussi, et de plus en plus, à travers les talents et les ambitions du continent africain ?









Tania Pompuis
Elle ne cherche pas la lumière… elle la transmet

Crédits photos : © Nathan William Muaba

Certaines femmes bâtissent une carrière. D’autres bâtissent un héritage. Depuis plusieurs années, Tania Pompuis fait de la solidarité le fil conducteur de son engagement. À travers son association « Lumière des Deux Rives », cette Martiniquaise accompagne des projets en faveur de l’éducation, de la jeunesse et du développement humain avec une conviction profonde : les plus belles transformations naissent lorsque l’on choisit de construire avec les autres.

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Malia et Sasha Obama : bien plus que

les filles d’un président

Pendant huit ans, le monde les a regardées grandir.Lorsqu’elles franchissent les portes de la Maison-Blanche en janvier 2009, Malia a dix ans et Sasha seulement sept. Du jour au lendemain, ces deux petites filles deviennent les enfants les plus observées de la planète. Pourtant, contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, leur histoire ne se résume pas à celle des filles d’un président. Elle raconte aussi celle de deux jeunes femmes noires qui ont appris à construire leur identité sous le regard permanent du monde entier.

Aujourd’hui, Malia et Sasha Obama incarnent une nouvelle génération afrodescendante qui refuse d’être définie uniquement par son héritage familial.

Leur père, Barack Obama, est le fils de Barack Obama Senior, un économiste kényan originaire du peuple Luo. Cette ascendance africaine a toujours occupé une place importante dans le récit familial. Au-delà de la politique, elle a permis à des millions de jeunes Noirs à travers le monde de se reconnaître dans une famille installée au cœur du pouvoir américain.

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EL’NOUR :
Quand le rap s’abandonne à la confiance aveugle

lAvec son nouvel EP Confiance Aveugle, EL’NOUR transforme son histoire personnelle, ses racines soudanaises et marocaines et les questionnements de toute une génération en une œuvre introspective où le rap devient un espace de transmission, d’amour et de sincérité. Entre les rues d’Épinay-sur-Seine et les quartiers privilégiés du 16ᵉ arrondissement de Paris, EL’NOUR a grandi avec la sensation d’habiter plusieurs mondes à la fois. Une expérience qui a façonné son regard, nourri son écriture et forgé une identité artistique singulière. Avec Confiance Aveugle, son nouvel EP, le rappeur franco-soudanais livre une oeuvre intime, traversée par des questionnements sur l’amour, la transmission, le regard des autres, l’héritage culturel et les défis d’une génération tiraillée entre les anciens codes et l’ère numérique. Pour Black Beautés, EL’NOUR revient sur son parcours, ses racines soudanaises et marocaines, le conflit qui touche une partie de sa famille, sa conception de l’amour et son refus de sacrifier son univers artistique à la quête du succès viral.

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